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Mesdames et Messieurs les Ministres,

• Mesdames et Messieurs les Représentants des Partenaires Techniques et Financiers,

• Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux et les Directeurs Centraux de l’Administration Publique,

• Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations du secteur privé,

• Mesdames et Messieurs les Membres du GEPEX,

• Mesdames et Messieurs les Industriels Transformateurs de la filière café-cacao,

• Mesdames et Messieurs les Exportateurs,

• Honorables Invités,

• Chers amis des Médias,

• Mesdames et Messieurs,
C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole, à l’occasion de cette rencontre dédiée à l’industrie du cacao en Côte d’Ivoire. Elle se tient ce jour, après celle très enrichissante que nous avons eue ici le 02 avril 2015 pour échanger autour de la problématique liée à la compétitivité de la transformation de cette matière première qui tient une place importante dans l’économie ivoirienne.

Je voudrais, avant tout propos, saluer la présence nombreuse et distinguée des représentants des grands groupes internationaux du secteur du cacao qui ont bien voulu répondre à notre invitation et faire le déplacement pour prendre part à cette importante rencontre. Ces salutations et remerciements s’adressent également aux représentants des Partenaires Techniques et Financiers ici présents. Je cite, notamment, le Groupe de la Banque Mondiale, représenté par le Directeur des Opérations pour la Côte d’Ivoire et la SFI, la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

A toutes et à tous, je voudrais souhaiter le traditionnel AKWABA, c’est-à-dire la cordiale bienvenue en Côte d’Ivoire, terre par excellence du cacao. Je vous remercie de l’intérêt que vous accordez à la filière cacao, notamment au segment important de la transformation du cacao en Côte d’Ivoire.

Je saisis cette heureuse occasion pour vous souhaiter mes meilleurs vœux de santé et de succès dans toutes vos entreprises pour cette nouvelle année 2016.

Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez tous, l’importance de cette spéculation et de nos ambitions en termes de développement de cette filière, ont conduit le Gouvernement à mettre en œuvre depuis 2012 une réforme de la filière café/cacao qui a donné des résultats forts encourageants.

Elle a permis, notamment, d’accroître la production de 50%, passant de 1,2 million de tonnes au cours de la campagne 2009/2010 à 1,8 million de tonnes sur la campagne 2014/2015. Cette réforme a également permis d’améliorer rapidement la qualité de la production ivoirienne.

En outre, les actions de recherche et de développement entreprises par le Gouvernement avec l’appui appréciable de groupes internationaux de référence, donnent déjà des résultats prometteurs, en termes d’amélioration des rendements et de la qualité. De même, dans le cadre des objectifs du développement durable, donc de la CoP 21, le gouvernement met en œuvre le programme « cacao ami de la forêt ».

Il me plaît également de mentionner que conformément à l’objectif majeur fixé par le Président de la République, SEM. Alassane OUATTARA, d’assurer une meilleure rémunération aux paysans, le prix d’achat aux producteurs de cacao, est passé de 653 FCFA/kg en 2011/2012, avant la réforme, à 725 FCFA/Kg à la campagne 2012/2013, puis à 850 FCFA/kg à la campagne 2014/2015 et à 1000 FCFA/kg au cours la campagne 2015/2016.

Les revenus versés aux producteurs sont passés ainsi de 1041 milliards de F.CFA au cours de la campagne 2012/2013 à 1526 milliards FCFA à la campagne 2014-2015, soit une progression de 47%.

La réforme mise en œuvre sous la haute autorité du Président de la République Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA constitue aujourd’hui un important vecteur de réduction de la pauvreté dans notre pays, particulièrement en milieu rural. En effet, sa production est assurée, pour l’essentiel, par quelques 800 000 petites exploitations familiales, et environ 4 à 5 millions de personnes vivent de cette production.

Par ailleurs, il est à rappeler que les dépenses pro pauvre sont passées de 1.080,3 milliards FCFA en 2012, à 1.337 milliards FCFA en 2013 puis à 1.716 milliards FCFA en 2015. Ils sont projetés à 1987 milliards FCFA en 2016.

Au plan macro-économique, les revenus issus de l’exportation du binôme café-cacao s’évaluent à 2.385 milliards de FCFA en 2014, soit 14,1 % du PIB et 39 % des recettes d’exportation. Ils sont estimés à 3.141 milliards de FCFA en 2015, ce qui représente environ 16,6% du PIB et 46,7% des recettes d’exportation.

Je saisis aussi l’opportunité de cette rencontre pour saluer les initiatives visant à améliorer les conditions de vie des producteurs de cacao. C’est le cas notamment de la fondation Jacobs qui s’est engagé à déployer en Côte d’Ivoire un programme d’appui à la qualité de l’éducation dans les zones de production de cacao doté d’une enveloppe de 30 milliards de FCFA. Ce programme dénommé « Transformer l’Education dans les communautés de cacao » devrait permettre à des opérateurs leaders dans la filière d’investir entre 300 et 500 millions de dollars US sur la période 2015-2020.

En ce qui concerne la lutte contre la traite des enfants, plusieurs actions ont été mises en œuvre, sous l’égide de la Première Dame, Mme Dominique OUATTARA, en collaboration avec les partenaires du secteur notamment, le Ministère américain du travail (USDOL) et la World Cocoa Association.

Au nombre de ces actions, il convient de noter la mise en place en 2012 d’un Comité National de Surveillance et de Lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des enfants. Un Plan d’Action National (2012-2014) d’un coût total de 14 milliards de FCFA environ a été élaboré et mis en œuvre pour identifier et poursuivre les auteurs de traite et d’exploitation des enfants.

Distingués invités
Mesdames et messieurs

L’un des enjeux majeurs de l’économie cacaoyère de la Côte d’Ivoire est celui de la transformation locale des fèves de cacao. Cet enjeu important transparait dans le deuxième axe des cinq grands chantiers définis par le Président de la République, SEM. Alassane OUATTARA, sur la période 2016-2020. Ce sont :

1. Le renforcement des institutions pour la Paix et la Bonne Gouvernance ;
2. La transformation structurelle de l’Economie ;
3. L’amélioration des conditions de vie des populations ;
4. La promotion de la Jeunesse et de la Femme;
5. L’émergence d’un Ivoirien nouveau.
Pour la mise en œuvre réussie de ces cinq grands chantiers, le Gouvernement a élaboré un nouveau Plan National de Développement (PND) 2016-2020. Ce plan est assorti d’un programme d’investissements de 30.000 milliards de FCFA environ, dont 62% à financer par le secteur privé.

Cette volonté de transformation accrue de la production nationale a été accentuée il y a une vingtaine d’années, précisément au cours des années 1995, lorsque notre pays a pu attirer de grands groupes internationaux pour intervenir dans la première et la deuxième transformation. Je salue ici, tous ceux qui au fil des années ont fait confiance à notre pays dans un contexte de rude concurrence mettant en compétition notre pays à d’autres destinations comme la Hollande, le Ghana et l’Indonésie. Je salue également les opérateurs nationaux de taille plus modeste et aux capacités plus limitées, mais très déterminés à apporter leur contribution, et qui ont pu se faire une place dans ce contexte de compétition mondiale.

Aujourd’hui, avec plus de 41% de l’offre mondiale de cacao, la Côte d’Ivoire compte douze (12) entreprises de broyage de fèves de cacao et deux (2) entreprises de broyages de cacao hors normes et de résidus. La réforme de la filière et l’amélioration rapide de l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire ont entrainé au niveau de l’industrie de la transformation, une hausse des quantités transformées qui sont passées de 361 000 tonnes au cours de la campagne 2010-2011 à 520 000 tonnes sur la campagne 2014-2015.

Ainsi, grâce à des investissements importants effectués dans les unités de transformation de cacao par les opérateurs internationaux et nationaux, la Côte d’Ivoire dispose actuellement d’une capacité de broyage installée d’environ 706 000 tonnes, soit plus de 39% de la production de cacao. Le volume de broyage effectif de la Côte d’Ivoire par campagne est d’environ 520 000 tonnes. Le taux de transformation en produits semi-finis et finis est pour l’heure de 33%.

Permettez-moi, d’abord, de féliciter les acteurs de la filière dont les actions ont contribué à la réalisation des performances ci-dessus mentionnées.

Cependant, la Côte d’Ivoire ambitionne de s’investir davantage dans la transformation locale de tous ses grands produits agricoles, notamment, le café, le cacao, l’anacarde, le coton, l’hévéa,…, et j’en passe.

S’agissant plus précisément du cacao, la Côte d’Ivoire projette à l’horizon 2020 un objectif de 50% de transformation, voire 100% pour la première transformation. C’est tout le sens du partenariat gagnant-gagnant instauré avec les opérateurs privés, comme une composante importante du cadre de gouvernance de la filière depuis la réforme en 2012. Ce partenariat se traduit par un dialogue continu, fondé sur les principes de rigueur, de transparence et de responsabilité. Cela consiste, pour l’Etat à mener les études nécessaires sur les problématiques retenues et à partager les résultats au cours de discussions que nous voulons franches, ouvertes et constructives.

C’est dans ce cadre qu’il y a un peu plus de dix (10) mois, le 2 avril 2015 exactement, nous étions ensemble pour examiner les contraintes qui entravent la transformation du cacao en Côte d’Ivoire.

Au terme de cette rencontre, j’avais indiqué que nous nous retrouverions ultérieurement pour approfondir nos réflexions et poursuivre nos discussions sur les mesures à envisager pour le développement de la transformation du cacao en Côte d’Ivoire.
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,

Le dialogue de haut niveau que nous avons instauré depuis près d’une année se traduit par des avancées notables dans l’appréhension des difficultés liées à la transformation locale du cacao et la recherche de solutions consensuelles.

De ce qui revient des études et des discussions que nous avons eues, les contraintes qui sont de nature à freiner les investissements dans ce secteur industriel, portent principalement sur :

- L’approvisionnement en fèves des unités de broyage,
- le rendement des unités,
- la fiscalité,
- les coûts élevés et les lenteurs observées dans les formalités d’exportation.

A l’issue de ces discussions, les propositions ci-après sont faites :

Concernant l’approvisionnement des unités de broyage de cacao, la décision a été prise de réserver aux industriels 50% de la récolte intermédiaire pour couvrir 70% de leurs besoins de déblocage sur la campagne intermédiaire. Cette part pourra être porté à 60% lorsque le taux de transformation atteindra 50% ;

Au titre du rendement des unités de broyage, il a été décidé d’appliquer le taux de rendement réel déterminé pour chaque unité industrielle de transformation de cacao ;

S’agissant de l’amélioration des procédures d’exportation, des dispositions ont été déjà prises sur les principales contraintes relevées, à savoir :
- la suppression de l’ajustement de certains postes du barème au profit des broyeurs, notamment les postes « transit » et « sacherie export » ; cette décision a été matérialisée par la note du Comité de Direction du Conseil du Café-Cacao en date du 11 mars 2015.
- la limitation des achats de stocks a été réaménagée pour tenir compte des capacités installées des broyeurs. Cette décision est matérialisée par la note adressée aux exportateurs en date du 23 février 2015.
- les reports de stocks d’une campagne à l’autre sont accordés sans aucune pénalité financière pour les broyeurs.
- les produits finis tel que le chocolat, bénéficient déjà d’une exonération totale du DUS.

Concernant la fiscalité, la première étude n’est pas allée suffisamment loin pour nous permettre de prendre une décision. C’est pourquoi, une étude complémentaire a été réalisée et devrait permettre de déterminer un niveau optimal de taxation et de garantir la compétitivité des unités de transformation, sans un coût fiscal trop élevé pour les finances publiques ivoiriennes. La tendance retenue se rapporterait à la mise en place d’un DUS diversifié en fonction du niveau d’élaboration du produit.

Par ailleurs, le Gouvernement reste à l’écoute des autres préoccupations exprimées concernant les facteurs qui affectent la fluidité des opérations d’exportations, relevant de l’État mais également de l’initiative privée. Il s’agit notamment de :
l’insuffisance de conteneurs pour satisfaire les demandes d’exportation ;
- l’insuffisance des moyens de transport ;
- l’absence de plateforme logistique pour les exportateurs au poids réel.

Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,

Au regard de notre volonté d’aller plus loin dans la transformation du cacao, la présente réunion, très attendue de tous, nous donne l’occasion de poursuivre les discussions et de passer en revue les mesures initialement prises, en vue d’initier d’autres mesures complémentaires pour renforcer les acquis et la compétitivité de notre secteur industriel du cacao.

Je formule le vœu que nos échanges à l’occasion de cette deuxième réunion, aboutissent à des mesures idoines pour accélérer et accroître la transformation du cacao en Côte d’Ivoire. Il s’agit non seulement de faire de la Côte d’Ivoire le premier pays producteur de cacao, mais aussi et surtout, d’en faire, et de loin, le premier pays transformateur de cacao dans le monde. Le retour de l’ICCO en République de Côte d’Ivoire en est un signe !

La volonté du Gouvernement est qu’au terme de nos échanges, nous parvenions à des accords sur l’ensemble des sujets retenus. Dans le cas contraire, car à l’impossible nul n’est tenu, je me propose de mettre en place un groupe de travail paritaire entre le Gouvernement et les opérateurs de la transformation du cacao.

Ce Groupe aura pour mission d’approfondir l’analyse des préoccupations résiduelles et de faire des recommandations dans un délai de trois mois maximum, pour examen et décision au cours d’une réunion ultérieure.

Ces recommandations seront soumises pour décision au Président de la République en Conseil des Ministres. Un document d’engagement réciproque, assorti d’un chronogramme de mise en œuvre, sera signé, avec une évaluation des incidences, notamment, en termes d’investissements, d’emplois créés et de revenus fiscaux.

En conclusion, je voudrais donc souhaiter à toutes et à tous des discussions franches et fructueuses pour un partenariat gagnant-gagnant pour la transformation du cacao en Côte d’Ivoire.

Je vous remercie de votre aimable attention.
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