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Côte d’Ivoire/ BAD: Les 55e Assemblées Annuelles de la BAD ont lieu du 25 au 27 août en mode virtuel | C’est dans une ambiance bon enfant que Doumbia Laciné a été plébiscité à Bouaké, le 15 août 2020 dernier, à la tête de l’Union des fédérations des conducteurs professionnels de poids lourds de l’Afrique de l’Ouest de Côte d’Ivoire ( | Côte d’Ivoire/ Transport terrestre-Plusieurs permis de conduire retirés par la commission paritaire ce 20 août 2020. | Le budget de 2020 s`équilibre en ressources et en charges à 8061 milliards de Fcfa (Conseil de ministres). | Côte d'Ivoire / SOTRA-Des Bus à cuir la chaire humaine ont remplacé les mastodontes émergents (Nous y reviendrons dans un dossier). |
Dans cette interview vérité, KOKO Guillaume, président fondateur de l’Union Nationale des auto-écoles de Côte d’Ivoire (UNAECI, n’est pas allé du dos de la cuillère pour dire sa part de vérité sur son secteur d’activité dont il est le ‘’père’’ du long processus de la modernisation depuis 2014. Le président de l’UNAECI a fait notamment le bilan des impacts négatifs de la COVID-19 et de l’élection présidentielle sur les entreprises de son union ainsi que les maux qui minent ce secteur en dénonçant les actes de certaines autorités.
Président, la maladie à Corona Virus a affecté toutes les sociétés en Côte d’Ivoire, et il y a eu ensuite la crise électorale. A combien évaluez-vous les risques qui ont impacté négativement les entreprises des auto-écoles dont vous en êtes le président ?
KOKO Guillaume : Si j’avais mon opinion à donner, en ce qui concerne les impacts de ces deux événements, j’allais proposer que l’année 2020 soit déclarée année blanche, économiquement, surtout pour nos entreprises d’auto-écoles. On se souvient bien qu’au début du mois de mars, sur une décision de notre ministère de tutelle, nous avons été obligés de fermer toutes les entreprises d’auto-écoles, c’est une perte sèche pour nos établissements. Et c’est à la fin du mois de juin que nous avons été autorisés à rouvrir ces centres de formation. Ensuite s’en est suivi la campagne pour la présidentielle avec la crise de cette période pendant laquelle nous n’avons pas travaillé. Et jusqu’à ce jour, pour une année qui compte douze (12) mois, nous n’avons même pas pu travailler plus que deux (2). Je me demande quel chiffre nous allons déclarer aux impôts. A ce jour, toutes les auto-écoles sont surendettées puisqu’il y a les salaires des employés, l’amortissement d’une partie du matériel acheté à crédit et là le créancier a besoin de son argent, quelques charges fixes comme le loyer, etc.
Avez-vous fait recours aux fonds de soutien dans le cadre de la COVID-19 ?
K G : Nous avons déposé des dossiers pour toutes nos entreprises par le biais de la Fédération Ivoirienne des Petites et moyennes entreprises (FIPME) à laquelle nous sommes affiliées, mais je suis au regret de constater qu’aucune auto-école n’a pu bénéficier de cette aide quelconque de cette pandémie.
Président, aviez-vous discuté avec les autorités pour en savoir plus sur les raisons, en ce qui concerne le refus de prendre en compte vos structures, dans le cadre de l’aide relative aux conséquences de la COVID-19 ?
K G : Non, nous ne pouvons pas discuter par organisation professionnelle, elle se fait par faitière. Au niveau de notre organisation, nous sommes membre de la FIPME. C’est elle qui a discuté avec les autorités et si elle avait obtenu avis favorable par rapport à ces aides, c’est sûr et certains que les auto-écoles allaient en bénéficier.
Le secteur renoue encore avec des difficultés qui, à un moment de votre parcours, ont été la cause de nombreux problèmes de votre secteur ?
K G : Mais oui, les auto-écoles sont encore une fois confrontées au problème de bons de permis de conduire que certaines autorités délivrent, à vil prix, qui empêchent nos structures de travailler normalement.
Avez-vous une liste de ces autorités ?
K G : Oui, il y a le maire d’Abobo qui n’est pas n’importe qui dans ce pays, celui de Port Bouet aussi, etc. Mais bon, que voulez-vous qu’on face devant ceux qui décident et se donnent à de tels actes. Sinon ces mêmes autorités savent très bien les conséquences néfastes vis-à-vis de la jeunesse, mais hélas ! Ces autorités savent très bien qu’avec ces bons, ce sont des formations au rabais.
En claire, ce mal que votre organisation et la presse avaient dénoncé en 2014, refait encore surface ?
K G : C’est ici l’occasion de remercier tous les journalistes qui nous avaient soutenus en son temps dans ce combat par des dossiers pour dénoncer vigoureusement ce mal. Vous aviez publié beaucoup d’articles, on a fait du tapage, on a pris ces bons pour aller rencontrer les autorités pour dénoncer les permis de complaisance, de ce danger sur la jeunesse, vraiment, on avait tout dit. Malheureusement le mal refait surface six années après cette période triste de l’histoire des auto-écoles en Côte d’Ivoire.
Président, est-ce que ces bons délivrés à trente mille francs FCFA ne sont pas aussi l’une des causes du taux d’accidents très élevé en Côte d’Ivoire ?
K G : Mais bien sûr, il ne faut pas avoir peur des mots, parce qu’avec ces bons à vils prix le jeune ne reçoit aucune formation et une fois au volant, il ne peut que tuer d’autres citoyens.
Président, vous ne cessez de dire que c’est le manque de formation adéquate qui est la vraie cause du taux élevés des accidents mortels en Côte d’Ivoire, qu’en est-il du plan national de formation que l’UNAECI a proposé au sortir de son atelier de Yamoussoukro?
K G : Oui bien sûr, jusque-là on parlait d’un programme mais en réalité qui n’existait que de nom. C’est maintenant, avec l’apport de la banque mondiale à travers le PAMOCEF, que nous avons pu mettre en place un programme national de formation conséquent en conduite à travers lequel nous sommes en train de former les moniteurs des auto-écoles de Côte d’Ivoire actuellement pour se l’approprier. Ce plan-là existe maintenant. Il y a maintenant un programme national de formation avec un niveau leader pour chaque catégorie de permis, aussi bien en théorie qu’en pratique. C’est donc maintenant qu’il aura un véritable enseignement de code de conduite automobile pour les examens de permis de conduire en Côte d’Ivoire. Car, il y aura de vraies évaluations qui peuvent impacter positivement la conduite et la cause des accidents en Côte d’Ivoire. Et ce nouveau programme a été proposé par l’UNAECI au sortir de son atelier de Yamoussoukro.
Président, avez-vous pris des mesures pour barrer la route à ceux qui aiment prendre les raccourcis ?
K G : Ce qui est bien dans ce programme est que nous avons essayé de voir toute la chaine et faire de sorte que les évaluations ne soient plus trop supervisées par une présence humaine. Le candidat sera désormais face aux outils informatiques. C’est ce qui limite déjà la fraude, sécurise les examens et crédibilise le permis. Par exemple, le candidat sera en face d’une tablette qui enregistre les réponses et sort les annotations. Ce plan oblige désormais le candidat à apprendre avant d’aller en examen, contrairement à l’ancien système qui avait beaucoup d’insuffisances.
Président, vous relevé de nombreux maux qui minent votre secteur, mais il y a des avancées, que dites-vous ?
K G : Je tiens à dire que les entreprises d’auto-écoles en Côte d’Ivoire font actuellement un effort pour avancer positivement. Bien avant, nous étions dans le secteur informel. La première avancée est que toutes les auto-écoles on fait l’effort de pouvoir se constituer sur le plan administratif. Ainsi, on trouve de toutes petites entreprises, en petites et moyennes entreprises et en entreprises. En clair, elles disposent désormais de locaux convenables, avec le minimum de matériels et donc elles sont éligibles à pas mal de projets pour des aides financières. Nous sommes maintenant à la phase très importante de l’équipement de ces structures. On entend auto-école, mais la plupart de ces structures n’ont pas d’auto. Cependant, avec ce que nous mettons en place fera de sorte que chaque établissement ait au moins une moto, un véhicule et une salle de code bien équipée. Cela, parce que très bientôt, les permis seront catégorisés. C’est-à-dire, il faudra avoir d’abord le permis B, ensuite C et enfin le D. L’examen du permis toutes catégories se fera en trois (3) étapes. Cela va permettre aux candidats de bien apprendre et c’est ce qui permettra de limiter les accidents en Côte d’Ivoire.
Président, avant cette interview, nous avons contacté certains membres qui reprochent au bureau exécutif de ne pas organiser beaucoup d’activités, qu’en dites ?
K G : C’est-à-dire mes frères ivoiriens aiment tout ce qui fait du bruit. Beaucoup de nos membres aiment entendre allons à Yamoussoukro. Après la rencontre de Yamoussoukro qui nous a permis de travailler les textes qui sont misent en route actuellement pour la modernisation avec un plan et un programme de formation, nous avons eu plusieurs autres séminaires et ateliers qui nous permettent actuellement de bénéficier de la confiance des partenaires financiers. A l’UNAECI, nous travaillons et c’est cela qui est important, je préfaire cela à la place du bruit. Si les techniciens Canadiens sont venus en appui avec l’appui financier de la banque mondiale qui va appuyer les PME avec un fonds de trois milliards dont nous sommes éligibles, c’est parce que les résolutions de notre atelier de Yamoussoukro ont convaincus tous ces partenaires. C’est-à-dire une auto-école pourra bénéficier d’un appui de quinze millions FCFA pour sa structuration sans apport initial, puisque nous sommes membres de la FIPME qui est membres de la CGECI où le fonds est logé. C’est la FIPME qui garantie nos différents prêts.
Président, quel est l’état de vos rapports avec le ministère des Transports ?
K G : Nous avons rencontré le ministre une seule fois après sa nomination. Et Dieu merci, nous avons toujours écrit pour solliciter des audiences, sinon dire que le ministre a rencontré le bureau exécutif de l’UNAECI pour échanger sur les préoccupations des chefs d’entreprises d’auto-écoles que nous sommes une seconde fois, non, même s’il a promis nous recevoir. Tout récemment, c’est le directeur de cabinet, Hamed Diomandé qui nous a reçus.
Président, voudrez-vous donner un message relatif à d’autres informations que nous n’avons pas abordées dans cette interview ?
K G : Je voudrais dire et prendre les parents à témoin que l’auto-école est très importante pour leurs enfants. Aujourd’hui pour deux postulants à diplôme égal pour un emploi, celui qui détient un permis de conduire a l’avantage d’être retenu. Qui plus est, on obtient le permis de conduire pour la vie. Quand certains parents disent, j’ai obtenu mon permis à quarante mille ou cinquante mille, j’ai honte. Ils sont prêts à payer des cours à coût de millions pour leurs enfants, pourtant ils ne sont pas sans savoir qu’un mauvais permis peut lui coûter la vie, c’est irresponsable. Ils doivent plutôt suivre le moniteur et lui demander si je paie telle somme, combien de leçons de code et de conduite mon enfant a droit. Les parents doivent éviter d’aller au marcher noir pour le permis de conduire pour leurs enfants, car le PC c’est la vie.
Adjoumani Delors / actutransport2015@gmail.com
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